• LES AMBASSADEURS

    DE LA MÉMOIRE DE LA SHOAH

  • LE RÉSEAU

     

     

    Le Réseau des lieux de mémoire de la Shoah en France rassemble onze institutions adossées à un site historique et liées 

    à l’histoire et à la mémoire de la persécution, de la déportation, de l’extermination, du sauvetage ou de la résistance des Juifs 

    de France durant la Seconde Guerre mondiale.

     

    Encourageant le développement des liens entre ses membres, le Réseau vise à promouvoir la connaissance et la transmission de l’histoire de la Shoah à l’échelle nationale comme locale, contribuant à l’affirmation des valeurs républicaines et démocratiques, notamment dans la lutte contre toute forme de racisme et d’antisémitisme. Le Réseau s’appuie notamment sur de jeunes ambassadeurs de la mémoire.

     

    Depuis 2010, les onze institutions se réunissent à l’occasion de la Journée de la mémoire de l’Holocauste et de la prévention 

    des crimes contre l’humanité, le 27 janvier. En janvier 2015, 70 ans après la libération des camps d’Auschwitz-Birkenau, 

    elles ont convié 70 jeunes ambassadeurs de la mémoire à un séminaire national.

     

    Dans le prolongement de cette initiative, le Réseau est fondé en mars 2015 et une déclaration est officiellement signée 

    le 23 mars 2016. Le Réseau est placé sous le haut patronage de la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur 

    et de la Recherche, et du secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense chargé des anciens combattants et de la mémoire. 

    Il bénéficie du soutien de la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du ministère de la Défense, de l’Office national 

    des anciens combattants et victimes de guerre, de Œuvre nationale du Bleuet de France, et de la Fondation pour la Mémoire 

    de la Shoah. Le Mémorial de la Shoah en assure la coordination et l’animation.

  • 11 INSTITUTIONS MEMBRES EN FRANCE, 14 LIEUX DE MÉMOIRE

    Amicale du Camp de Gurs

    Le camp de Gurs est situé en Béarn, approximativement au centre du département des Pyrénées-Atlantiques, à 20 km à l’est d’Oloron-Sainte-Marie et à 5 km de Navarrenx. Il fut un des plus vastes que la France ait connu à cette époque : 2 km de long sur 500 mètres de large.

     

    Le site du camp est ouvert au public et libre d’accès.
    Un mémorial national y a été construit en 1994 : il s’agit de la voie ferrée longue de 180 mètres (symbole de la déportation) reliant les deux grandes dalles portant des inscriptions commémoratives.
    La visite peut être faite seul, sans guide particulier. En effet, un aménagement permanent a été réalisé en 2007 pour les visiteurs.

     

    Cercil-Musée Mémorial des enfants du Vel d'hiv

    Créé il y a 20 ans, le Cercil (Centre d’étude et de Recherche sur les Camps d’Internement dans le Loiret) peut désormais, dans un lieu mis à disposition par la mairie d’Orléans, recevoir le public.

     

    Après avoir vu, dans la cour, le fragment d’une baraque du camp de Beaune-la- Rolande, classé monument historique, le visiteur longe la Galerie de la mémoire, qui rappelle à quel point la mémoire de ces camps fut difficile et longue à s’imposer. Puis il entre dans l’exposition permanente. Le parcours muséographique propose, grâce à un discours historique simple et rigoureux, un approfondissement documenté, s’appuyant sur des archives publiques et privées, témoignages, objets, photographies et récits de vie.

     

    Centre européen du résistant déporté (CERD). Site de l’ancien camp de concentration de Natzweiler

    Lieu de mémoire et de culture, le Centre européen du résistant déporté, grand bâtiment de béton aux lignes épurées recouvert de pierres sombres, conçu par l'architecte Pierre-Louis Faloci, accueille le visiteur sur le site de l'ancien camp de concentration de Natzweiler.

     

    Il est le vecteur de l'histoire et de la mémoire de la déportation et des Résistances européennes. Conçu comme un lieu d'information, de réflexion et de rencontre, le Centre européen présente l'histoire des Résistances qui, dans toute l'Europe, se dressèrent contre la domination fasciste et nazie et montre l'implacable organisation de mise à mort du système concentrationnaire nazi.

     

    Centre d’histoire de la résistance et de la déportation, Lyon

    À Lyon, comme en d’autres villes et particulièrement dans la moitié sud du pays, naît à la faveur du vingtième anniversaire de la Libération, un musée de la Résistance animé par d’anciens résistants et déportés, soucieux de préserver les traces de leur histoire.

     

    Porté par quelques résistants de l’intérieur et de la France libre avec le soutien du maire de l’époque, Louis Pradel, le premier musée de la Résistance et de la Déportation est inauguré le 8 mai 1967 rue Boileau, dans une salle prêtée par le Muséum d’histoire naturelle.

     

    Site-Mémorial du Camp des Milles

    Le Site-Mémorial a été conçu, principalement pour les jeunes, non seulement comme un musée d'histoire et un lieu de mémoire préservé, mais aussi comme un espace de culture patrimoniale et artistique et comme un "musée d'idées", un laboratoire innovant dans son contenu comme dans ses dispositifs pédagogiques.

     

    Ainsi, pour la première fois au monde, le Site-Mémorial du Camp des Milles fournit, sur un lieu de mémoire, des repères pluridisciplinaires et des clés de compréhension qui peuvent aider à être vigilant et à réagir à temps face aux crispations identitaires et aux extrémismes.

     

    Lieu de mémoire au Chambon-sur-Lignon

    Le Lieu de Mémoire est dédié à l’histoire et à la mémoire de l’accueil et de la résistance sur le Plateau Vivarais-Lignon pendant la Seconde Guerre mondiale. Il se veut surtout lieu de transmission, notamment auprès des jeunes générations.

     

    Le parcours permanent et la salle des témoignages permettent de découvrir et comprendre l’engagement en résistances des habitants qui ont notamment accueilli et protégé de nombreux réfugiés juifs 

     

    Maison d’Izieu, Mémorial des enfants juifs exterminés

    Lieu d’histoire et de mémoire ouvert à tous, le mémorial de la Maison d’Izieu perpétue le souvenir des enfants et des adultes juifs qui y avaient trouvé refuge de mai 1943 à la rafle du 6 avril 1944.

     

    Attaché au présent et tourné vers l’avenir, il suscite la réflexion sur le crime contre l’humanité et les circonstances qui l’engendrent. À travers l’évocation des enfants juifs d’Izieu et de leurs éducateurs, c’est contre toute forme d’intolérance et de racisme qu’il entend lutter.

     

    Mémorial de la Shoah, Paris, Drancy et Toulouse

    Le Mémorial de la Shoah a ouvert ses portes au public en janvier 2005, sur le site du Mémorial du Martyr Juif Inconnu. Inaugurée au tournant du « siècle des génocides », tournée vers l'avenir, cette institution est un pont jeté entre les femmes et les hommes contemporains de la Shoah et ceux qui n'ont pas vécu, ni directement ni par la médiation de leurs parents, cette période historique.

     

    Inscrit dans la continuité du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) et du Mémorial du Martyr juif inconnu, le Mémorial de la Shoah n'en constitue pas moins une nouvelle étape de la transmission de la mémoire et de l'enseignement de la Shoah, qui étaient jusqu'alors essentiellement portés par les témoins directs de l'extermination des Juifs d'Europe.

     

    Mémorial de l’internement et de la déportation/ Camp de Royallieu, Compiègne 

    Le 23 février 2008 a été inauguré à Compiègne le Mémorial de l'internement et de la déportation sur le site même de l'ancien camp de Royallieu à Compiègne. La caserne de Royallieu a été construite en 1913 et regroupe 25 bâtiments sur une surface de 16 hectares. 

     

    De 1941 à 1944, elle fut transformée par l'armée allemande en l'un des principaux camps de transit de France. De l'ancien camp sont conservés trois bâtiments qui deviennent eux-même objets d'exposition. Toutes les matières, couleurs et décors qui ont été utilisés depuis sa construction en 1913 ont été dévoilés par des procédés ingénieux. 

     

    Mémorial du Camp de Rivesaltes

    Le projet a pour ambition d'être un espace de référence de l'histoire de l'internement en France, à travers l'histoire du camp et les conséquences des conflits qui ont précipité dans ce lieu des étrangers considérés par l'Etat, comme indésirables (Espagnols, Juifs, Tsiganes, Harkis...).

     

    Il repose sur trois piliers de réflexion et d'action :

     

    • La recherche historique, la restitution et le partage de cette connaissance avec les publics.
    • Une mission pédagogique et éducative.
    • Une approche sensible et différente, grâce à l'art qui lui aussi permet d'interroger l'histoire.

    Mémorial national de la prison de Montluc 

    Le Mémorial National de la prison de Montluc ouvre ses portes au public en 2010 avec pour objectif de rendre hommage aux milliers de Résistants, Juifs, et otages, victimes des nazis et de Vichy, pendant la période de la Seconde Guerre mondiale, et de mieux comprendre la mise en place des politiques de répression.

     

    Haut lieu de la Mémoire nationale, le Mémorial a rejoint en 2010 les sites gérés par le Ministère de la Défense, propriétés de l'État. Ces hauts lieux de la mémoire nationale évoquent chacun un aspect de la mémoire des conflits contemporains. Ce sont des lieux de cérémonies et de recueillement, mais aussi de transmission de la mémoire où sont notamment organisées des actions pédagogiques à destination du jeune public.

     

  • LES PARTENAIRES DU RÉ​SEAU

    Sous le haut patronage de la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et du secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense, chargé des anciens combattants et de la mémoire

    Direction de la Mémoire du Patrimoine et des Archives

    Relevant du secrétariat général pour l'administration (SGA), la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA) a trois grands domaines de compétence : l'immobilier et l'environnement, la politique culturelle, éducative et de mémoire, les archives et les bibliothèques.

     

    La sous-direction de la Mémoire et de l'action éducative (SDMAE) a en charge l’élaboration et la promotion de la politique publique de la mémoire des conflits contemporains. Elle mène des actions dans le domaine de la mémoire et soutient des projets pédagogiques. Elle a en charge la restauration des hauts lieux de mémoire.

     

    ONAC

    Né au coeur de la Première Guerre mondiale, devant l'urgence des souffrances humaines, l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG), établissement public d'Etat, continue aujourd'hui encore, à apporter un soutien moral et matériel de l'Etat à plus de 3 millions de ressortissants.

     

    Au fil des conflits successifs qui ont marqué l’Histoire de la France depuis le début du XXème siècle, l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre a vu s’enrichir les facettes de ses missions fondatrices de reconnaissance et de réparation. Sa devise actuelle « Mémoire et Solidarité » rappelle que l’établissement public s’investit pleinement dans la préservation des droits matériels et moraux du monde combattant, mais aussi dans la transmission des valeurs de ce dernier.

     

    Fondation pour la Mémoire de la Shoah

    La Fondation pour la Mémoire de la Shoah est une fondation privée reconnue d’utilité publique.

    Sa dotation provient de la restitution par l’État et les établissements financiers français des fonds en déshérence issus de la spoliation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

     

     

    La Fondation apporte un soutien permanent au Mémorial de la Shoah à Paris et à Drancy.

     

    Elle a également pour vocation de soutenir des projets dans six domaines :

    • la solidarité envers les survivants de la Shoah
    • la recherche historique
    • l’enseignement de la Shoah
    • la transmission de la mémoire
    • la culture juive
    • la lutte contre l’antisémitisme et le dialogue interculturel

    Et avec le soutien de la DILCRA

  • DEVENIR AMBASSADEUR

    DE LA MÉMOIRE

    Historique

    En 2002, les ministres européens de l’Éducation ont adopté à l’initiative du Conseil de l’Europe la déclaration instituant la Journée de la mémoire de l’Holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité dans les établissements scolaires des États membres. L’ONU a retenu en 2005 la date du 27 janvier, date de la découverte du camp d’Auschwitz-Birkenau par l’armée soviétique, pour instituer une journée internationale de la mémoire de l’Holocauste.

     

    Depuis 2010, onze lieux de mémoire de la Shoah en France organisent des manifestations communes chaque 27 janvier, sous l’égide du Mémorial de la Shoah. Pour le 70e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau en 2015, ils ont décidé, avec le soutien de l’ONACVG, de réunir de jeunes ambassadeurs de la mémoire, porteur de la mémoire de l’un de ces lieux, à l’occasion d’un séminaire national en les associant aux cérémonies officielles à Paris.

     

    Durant plusieurs mois, des classes de différentes filières et de différents niveaux ont travaillé sur l’histoire et les missions portées par chacune des institutions. Ils ont également approfondis leurs connaissances sur l’histoire de la Shoah et de la Déportation.

     

    Chaque classe a désigné un groupe d’élèves (de 3 à 8) pour participer au séminaire national en leur nom. Le reste de la classe s’est retrouvé sur leur lieu de mémoire de référence pour une journée de commémorations et d’activités pédagogiques.

     

    Environ 70 jeunes se sont retrouvés à Paris en janvier 2015, représentant 14 classes, soit plus de 300 jeunes au total. Ils sont désormais associés aux cérémonies commémoratives et aux activités des institutions, comme au Mémorial de l’Internement et de la Déportation de Compiègne ou au Mémorial de la Shoah à Paris. Ils diffusent leurs connaissances et leurs réflexions au sein de leur entourage, familial ou à l’Ecole, ou sur les réseaux sociaux.

     

    Fort de son impact, ce dispositif a été pérennisé et pleinement intégré aux initiatives portées par le Réseau des lieux de mémoire de la Shoah en France.

    L'engagement 

    Les jeunes sont porteurs de la mémoire d’un lieu de la persécution, de l’internement, de la déportation mais aussi du sauvetage des Juifs de France, et pleinement engagés dans une démarche de réflexion et de transmission autour des valeurs démocratiques et républicaines.

    L'un des temps forts de cet engagement se déroule autour du 27 janvier.

    Pour participer

    Une nouvelle promotion d’ambassadeurs de la mémoire est formée sur deux années scolaires.

     

    Chaque site dispose d’une grande latitude pour choisir un établissement scolaire au sein duquel ces ambassadeurs seront retenus, émanant d’une classe ou d’un groupe d’élèves volontaires sous la conduite d’un enseignant. La démarche implique en effet un travail de plusieurs mois, interne à l’établissement et en lien avec le site de référence, tout en s’intégrant avec les programmes officiels de l’Education nationale.

     

    Le prochain séminaire national se déroulera en janvier 2017.

     

    Si vous souhaitez proposer d’associer votre établissement au dispositif des ambassadeurs de la mémoire, contacter le lieu de mémoire membre du Réseau le plus proche ou par mail : lieux@memorialdelashoah.org

    Discours de Simone Veil en 2005 

    En 2005, Simone Veil appelait à l’éveil des consciences des jeunes du XXIe siècle, notamment sur l'importance de la transmission de la mémoire de la Shoah et les dangers de la banalisation et du relativisme. Les ambassadeurs de la mémoire ont formulé en 2015 un discours en réponse à celui de Simone Veil. Voici les deux discours.

     

    "Les rescapés d’Auschwitz ne sont plus qu’une poignée. Bientôt, notre mémoire ne reposera plus que sur nos familles, sur l’Etat, mais aussi sur les institutions qui en ont fait leur mission, notamment celles en charge des lieux où vous vous trouvez aujourd’hui. Elle sera aussi la source d’inspiration d’artistes et d’auteurs, comme un objet qui nous échappe pour le meilleur et pour le pire. Notre mémoire, surtout, doit être intégrée et conciliée avec l’enseignement de l’histoire à l’école, faisant des élèves comme des professeurs des relais essentiels de cette nécessaire transmission.


    Il vous appartiendra de faire vivre ou non notre souvenir, de rapporter nos paroles, le nom de nos camarades disparus. Notre terrible expérience aussi de la barbarie poussée à son paroxysme, flattant les instincts les plus primaires de l’homme comme les ressorts d’une modernité cruelle.


    L’humanité est un vernis fragile, mais ce vernis existe. En parlant de ce monde à part que fut celui des camps et de la tourmente dans laquelle les Juifs furent emportés, nous vous disons cette abomination, mais nous témoignons aussi sur les raisons de ne pas désespérer. D’abord, pour certains d’entre-nous, il y eut ceux qui nous aidèrent pendant la guerre, par des gestes parfois simples parfois périlleux, qui contribuèrent à notre survie. Il y eut la camaraderie entre détenus, certes pas systématique, dont les effets furent ô combien salutaires. Et puis, pour cette infime minorité qui regagna la France en 1945, la vie a été la plus forte ; elle a repris avec ses joies et ses douleurs.


    Puissent nos rires résonner en vous comme notre peine immense.


    Notre héritage est là, entre vos mains, dans votre réflexion et dans votre cœur, dans votre intelligence et votre sensibilité.


    Il vous appartient que la vigilance ne soit pas un vain mot, un appel qui résonne dans le vide de consciences endormies. Si la Shoah constitue un phénomène unique dans l’histoire de l’humanité, le poison du racisme, de l’antisémitisme, du rejet de l’autre, de la haine ne sont l’apanage d’aucune époque, d’aucune culture, ni d’aucun peuple. Ils menacent à des degrés divers et sous des formes variées, au quotidien, partout et toujours, dans le siècle passé comme dans celui qui s’ouvre. Ce monde là est le vôtre. Les cendres d’Auschwitz lui servent de terreau.


    Pourtant, votre responsabilité est de ne pas céder aux amalgames, à toutes les confusions. La souffrance est intolérable ; toutes les situations ne se valent pourtant pas. Sachez faire preuve de discernement, alors que le temps nous éloigne toujours plus de ces événements, faisant de la banalisation un mal peut-être plus dangereux encore que la négation. L’enseignement de la Shoah n’est pas non plus un vaccin contre l’antisémitisme, ni les dérives totalitaires, mais il peut aider à forger la conscience de chacun et chacune d’entre-vous. Il doit vous faire réfléchir sur ce que furent les mécanismes et les conséquences de cette histoire dramatique. Notre témoignage existe pour vous appeler à incarner et à défendre ces valeurs démocratiques qui puisent leurs racines dans le respect absolu de la dignité humaine, notre legs le plus précieux à vous, jeunesse du XXIe siècle."

     

    Simone Veil
    de l’Académie française

    Réponse à la lettre de Simone Veil, 

    écrite par les jeunes ambassadeurs de la mémoire en 2015

    "Aux rescapés et aux victimes de la Shoah, A madame Simone Veil,


    Ce millénaire s’ouvre avec nous. Notre génération doit construire un monde qui ne permettra jamais à une tragédie telle que la Shoah de se reproduire. Votre voix et votre parcours nous rappellent ce que le rejet de l’autre a produit de pire.


    L’extermination des Juifs d’Europe n’est pas qu’un sujet d’étude pour les historiens. Cet enseignement doit nous être donné inlassablement dans les écoles, dans les mémoriaux, les musées, lors des commémorations, grâce aux productions artistiques.


    Nous, jeunesse de France, formons le vœu que cet enseignement trouve toujours une place à part dans les programmes pédagogiques : c’est un élément fondateur de notre formation intellectuelle, scolaire et par-dessus tout citoyenne.


    6 millions d’hommes, de femmes et d’enfants furent assassinés parce que nés Juifs par des hommes et des femmes, aveuglés par des idéologies de haine. Nous, jeunesse de France, affirmons aujourd’hui, que les cendres d’Auschwitz et des camps nazis, que les fosses communes, les nécropoles, les mémoriaux ne sombreront jamais dans l’oubli ou l'indifférence et que vos paroles fortifieront nos consciences.


    Depuis la Shoah, d’autres guerres, d’autres génocides ont frappé le monde. Nous, jeunesse de France, faisons vivre pleinement la République et la démocratie, par-delà nos différences. Nous avons la chance d’être en France, protégés par des lois, par un régime de droit, qui affiche sur les frontons de nos édifices cette devise « Liberté, Egalité, Fraternité ».


    70 ans après la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, il est de notre responsabilité que votre mémoire ne disparaisse pas. Vous pouvez compter sur notre détermination.
    Cette connaissance de la tragédie, mais aussi des exemples de solidarité et de sauvetage, nous engagent à défendre l’idée d’une humanité apaisée et fraternelle dans une période assombrie par l’intolérance et la mort où l’actualité nous rappelle tragiquement l’urgence et la nécessité d’une mobilisation de toutes et tous au quotidien.


    Les droits de l’homme et du citoyen, la constitution, la laïcité, permettent à chacun d’exister dignement, librement et sans autre restriction que le respect des autres et des lois.
    C’est collectivement que nous, jeunesse de France, nous présentons à vous aujourd’hui, mais c’est bien individuellement que nous nous engageons.

     

    Chacun de nous donne sa voix pour incarner la vôtre, et rappeler avec force que nous refusons toute forme d'intolérance, de racisme et d’antisémitisme.
    Il y a 70 ans le camp d’Auschwitz-Birkenau était libéré, ouvrant la voie à d’autres libérations.
    Aujourd’hui nous commémorons ces événements, et nous, jeunesse de France, faisons le serment d’œuvrer pour que les générations futures soient épargnées de nouveaux drames. L’humanité est une et indivisible."

    Les jeunes ambassadeurs de la mémoire, 25 janvier 2015
     

  • Mémorial de la Shoah / Pierre-Emmanuel Weck
  • ÉDITION 2016

    Dans chacun des sites concernés, a eu lieu le mercredi 27 janvier 2016 une rencontre entre élèves et rescapés des camps nazis et des camps d’internement, résistants juifs, enfants cachés, croisée avec une évocation de l’histoire régionale et complétée par la découverte des sites concernés. Les participants, jeunes et rescapés, ont ensuite allumé une bougie en mémoire des victimes de la Shoah, lu le message de Simone Veil et le texte des ambassadeurs de la mémoire, avant de partager une minute de silence.

  • Lancement officiel du Réseau le 23 mars 2016

    Pendant la Semaine d'éducation et d'actions contre le racisme et l'antisémitisme, le Réseau des lieux de mémoire de la Shoah en France a été officiellement lancé mercredi 23 mars 2016 au ministère de l’Éducation nationale en présence de la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, du secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire, Jean-Marc Todeschini, et de jeunes ambassadeurs de la Mémoire. À cette occasion, l'historien et avocat Serge Klarsfeld est notamment intervenu afin de rappeler le sens de

    l’engagement au service des valeurs démocratiques et républicaines.

     

    Dans l’après-midi, les ambassadeurs de la mémoire ont été conviés au Mémorial de la Shoah pour assister à une visite guidée et rencontrer Raphaël Esrail, ancien déporté et résistant, président de l’Union des déportés d’Auschwitz.

     

    Ces jeunes ambassadeurs, originaires de différents établissements en France, s’engagent dans une année de réflexions et d’actions autour de la transmission de l’histoire de la Shoah. À l’issue de cette journée, un symbole de leur engagement leur a été remis. Ils le conserveront toute une année avant de le relayer à leurs successeurs.

    Sur le perron du ministère de l'Éducation nationale sont réunis autour de la ministre de l'Education et du secrétaire d'Etat chargé des Anciens combattants et de la mémoire, les représentants des onze lieux de mémoire de la Shoah membres du réseau, les partenaires et les jeunes ambassadeurs de la mémoire 2016. Mémorial de la Shoah / Emmanuel Rioufol 
    Mémorial de la Shoah / Emmanuel Rioufol
  • ÉDITION 2015

    En 2015, dans le cadre du 70e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, le Mémorial de la Shoah en partenariat avec onze lieux de mémoire en France a mis en place une initiative exceptionnelle : permettre à 70 lycéens porteurs de la mémoire de ces lieux d’échanger et d’affirmer leur engagement pour la perpétuation du souvenir de la Shoah en l’inscrivant au cœur d’une démarche historique et citoyenne.

    Le séminaire national "Les jeunes contre l'oubli"

    Un séminaire national a été organisé à Paris et Drancy, du dimanche 25 au mercredi 28 janvier 2015, avec une délégation de 70 lycéens, venus de toute la France accompagnée de leurs professeurs et de responsables de chacun des sites partenaires. Ensemble, ils ont conduit une réflexion sur le devenir de l’histoire de la Shoah dans l’Europe du XXIe siècle. Ensemble ils ont élaboré un message restituant leurs travaux et leur engagement pour l’avenir.

      

    Le dispositif était simple : entre septembre 2014 et janvier 2015, un travail pédagogique a été engagé sur la relation qu’entretiennent les jeunes avec l’histoire et la mémoire de la Shoah à travers l’histoire locale, celle du lieu de mémoire de leur territoire. Ainsi, les jeunes sont devenus les porteurs de la mémoire et de l’histoire d’un lieu qu’ils ont restitué aux autres participants lors du séminaire au Mémorial de la Shoah et à l’Assemblée nationale. Ensemble, ils ont confronté leurs connaissances, leurs réflexions et leur expérience sur le devenir de ces sites à l’aube du XXIe siècle, et sur leur place en tant que citoyen dans la transmission de l’histoire et de la mémoire de la Shoah.

     

    Ensemble, ils ont élaboré un message solennel pour le 70e anniversaire de la libération d’Auschwitz-Birkenau, lu le 27 janvier au cours d’une cérémonie à l’UNESCO.

  • LES TRAVAUX DES GROUPES D'ÉLÈVES (2015)

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  • RENCONTRE AVEC LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

    François Hollande au Mémorial de la Shoah de Paris le 27 janvier 2015

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